La fashion week de Londres qui fête ses 25 ans a débuté vendredi avec le défilé de Central Saint Martins. Les étudiants du célèbre Master de Fashion Design ont présenté des collections qui sans être révolutionnaires ont été rafraichissantes par leurs coloris audacieux et jeux de silhouettes. David Koma semble avoir été particulièrement remarqué avec ses robes noires ornées de métal. Il a d’ailleurs gagné le prix Harrods comme Christopher Kane en 2006. D’autres étudiants ont proposé un travail tout aussi intéressant notamment Michael Van der Haam qui avec ses jeux de patchworks a présenté d’élégantes variations asymétriques.
10h30, avenue Montaigne, l’aboyeuse annonce le 1er modèle, le défilé commence. Les mannequins traversent le 1er et deuxième salon puis terminent devant le grand escalier. Cette première collection de Christian Dior compte 170 modèles et décline 2 thèmes : “Huit” et le fameux “Corolle”. Le premier défilé le matin est stratégique : il est réservé à la presse exclusivement. Il y a ensuite un défilé pour les acheteurs non privés et les fabricants américains l’après-midi. Le lendemain est consacré aux acheteurs européens. Le service de presse est sur les dents: il faut caser près de 200 invités, certains sont même assis dans les escaliers.
Monsieur Dior n’assiste pas aux défilés dans le salon, il s’est réfugié dans la cabine des mannequins où Madame Zehnacker lui rapporte les réactions des invités.
Carmel Snow, rédactrice légendaire du Harper’s Bazaar a pris place sur la fameuse banquette d’honneur avec 2 de ses collaborateurs. Son avis fait autorité même si on murumure qu’elle somnolle pendant les défilés. Très vite les réactions sont bonnes, Christian Dior ne veut pas y croire et se bouche les oreilles pour ne pas entendre les applaudissements de plus en plus reguliers. Carmel Snow reste impassible, semble même ailleurs.
15h00, à la surprise générale Carmel Snow revient chez Dior. Elle demande à revoir une dizaine de robes qu’elle décrit avec une grande précision. Aprés les avoir minitieusement observées elle retourne à l’hôtel San Regis, elle appelle Christian Dior et lance son célèbre “your dresses have such a new look, my dear Christian, it is a revolution !”
La formule fait date. Certains acheteurs américains qui etaient déjà repartis après avoir lu ces commentaires reprennent l’avion pour Paris pour (re)voir la collection. le succès est tel que des défilés seront organisés pendant plusieurs mois pour la clientèle privée.