28 jan. Isadora Duncan, un esprit et un corps en liberté
Le musée Bourdelle accueille actuellement une exposition consacrée à Isadora Duncan. Son affranchissement de la rigidité des codes de la danse s’accompagne également à l’époque d’une libération du corps. La liberté de la danseuse influence ainsi certains couturiers de la Belle Epoque qui apprécient la grâce de cette artiste qui danse pieds nus, sans corset, en tenue légère ou même sans.
En 1907, Madeleine Vionnet s’inspire de la danseuse pour réaliser sa première collection chez Doucet composée de vêtements proches des déshabillés qui rompent avec les silhouettes habituellement corsetées. Isadora Duncan se noue d’amitié avec Paul Poiret (le tout Paris leur prête d’ailleurs une liaison). Durant sa célèbre soirée « Les Festes de Bacchus » donnée au pavillon du Butard, elle interprète une aria de Bach qui laisse les convives de Poiret émus aux larmes. L’année suivante, lorsque le couturier perd son fidèle bras droit Rousseau, elle improvise en hommage une chorégraphie sur la marche funèbre de Chopin. Une performance qu’elle avait toujours évitée par superstition. 15 jours plus tard ses enfants meurent dans un accident. Elle meurt elle-même tragiquement en 1927 lorsque son écharpe se prend dans les roues de sa décapotable.
Si vous souhaitez découvrir cette artiste hors norme, son époque et les artistes qu’elle inspira (Antoine Bourdelle, Edward Steichen, Eugène Carrière, etc.), rendez-vous au musée Bourdelle avant le 20 mars prochain.
Isadora Duncan, une sculpture vivante, musée Bourdelle, 01 49 54 73 73
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Cette année 2010 sera l’occasion de fêter le 90ème anniversaire de l’édition française de Vogue. Le premier numéro parait le 15 juin 1920. C’est avec une couverture signée Helen Dryden que débute l’aventure française. Un portrait de 2 tenniswomen qui servit d’ailleurs également au Vogue américain du même mois (numéro du 1er juin). Les éditions française, américaine et britannique (créée en 1916) utilisent en effet dans les années 20 les mêmes dessins pour certaines couvertures. La composition de Georges Lepape utilisée pour le numéro du 1er novembre 1920 de l’édition française est la reprise de la couverture du 15 octobre de l’édition américaine. De superbes compositions des meilleurs illustrateurs de l’époque accompagnent le Vogue Paris dans les années 20 et 30. On attend donc impatiemment l’anniversaire du magazine en espérant que ces premières années de la revue seront moins oubliées que dans les dernières célébrations.
Ce jeudi 14 et vendredi 15 janvier, Madeleine Vionnet est une nouvelle fois à l’honneur. Mais derrière elle, se cache encore aujourd’hui une armée de petites mains. Pas les 1200 cousettes de sa maison de couture mais les 60 personnes qui ont travaillé à la remise en état et à la conservation du fonds exceptionnel de l’UCAD (Musée des Arts Décoratifs) consacré à la couturière. C’est la restauration de cet ensemble incomparable de plus de 225 pièces Vionnet qui était à l’ordre du jour de ce colloque organisé conjointement par l’UCAD et l’Institut du Patrimoine. Un travail colossal rendu possible grâce au mécénat de Natixis. La méthodologie et les restaurations ont ainsi été détaillées mettant en avant les contraintes liées à la technique même de la créatrice. En effet, l’impact des matières utilisées par leur nature même (tulle, gaze de soie, etc.), les conséquences de l’application de broderies sur ces tissus, ou encore de l’utilisation de la coupe en biais faisaient de cet exceptionnel chantier de restauration un véritable défi pour les équipes de Maximilien Durand, responsable de la conservation et de la restauration de l’UCAD. Le résultat est à la hauteur de l’ambition.
Le dimanche 15 avril 1781, une bataille prit place dans le bien nommé salon de la guerre du palais de Versailles! Deux ennemies qui y attendaient le passage de la famille royale s’y croisent. Leurs noms: Rose Bertin et Charlotte Picot. Leurs fonctions: marchandes de mode. Ce qui se passa ce jour-là n’est pas clair et donna lieu à plusieurs procès qui durèrent jusqu’en 1784 (du jugement de la prévôté de l’Hôtel de Versailles, jusqu’à l’appel devant le Grand Conseil qui entraina une nouvelle audience). Charlotte Picot accusa Rose Bertin devant les tribunaux de l’avoir insultée et de lui avoir craché au visage. L’affront aurait été tel que mademoiselle Picot en aurait perdu connaissance pendant plus d’une demi-heure. Rose Bertin, toutefois célèbre pour ses colères se défendit de cette accusation. Elle était alors la marchande de mode de la reine et Charlotte Picot ne lui était pas inconnue. C’était en effet son ancienne première ouvrière qui avait quitté sa boutique pour s’installer à son compte et séduisait une partie de sa clientèle. Un affrontement commercial qui se transforma en bataille de chiffonniers au coeur même du palais de Versailles. Les marchandes de mode manquent parfois d’élégance…
C’est sur cette robe d’Augustabernard photographiée par Hoyninghen-Huene que Catherine Join-Dieterle a ouvert son cours de rentrée à l’Ecole du Louvre mercredi dernier. Le 20e siècle est au programme de cette 3e et dernière année. En effet la directrice de Galliera reprendra un nouveau cycle l’année prochaine mais sur un thème complètement différent.



Les murs de la salle 1 de Drouot étaient aujourd’hui recouverts de tissu rose Shocking à l’occasion de la vente Schiaparelli. L’étude Cornette de Saint Cyr y dispersait de nombreuses pièces importantes de la couturière. Sous l’oeil de Marisa Bérenson, la petite fille de la créatrice, les enchères ont atteint des sommes élevées. La veste dessinée par Jean Cocteau pour Schiaparelli et brodée par Lesage en 1937 (lot 200) fut le record de la vente en atteignant 140 000 euros. Une robe à tournure en soie à rayures horizontales noires et roses de l’été 1939 (lot 155) fut adjugée à une experte parisienne pour 63 000 euros vraisemblablement pour le compte d’un musée étranger. Inès de la Fressange fut très active durant les enchères et remporta une dizaine de pièces de Schiaparelli, notamment le poudrier téléphone (lot 293) créé par Salvador Dali pour 26 000 euros. En mai dernier, l’ancien mannequin avait déclaré à la presse canadienne qu’on lui avait demandé d’aider à la résurrection de la marque. Si jamais la belle Inès les avait finalement achetées pour elle-même, on ne doute pas qu’elle saurait les porter avec une certaine élégance…