La réunion au sein du Harper’s Bazaar de Carmel Snow, Diana Vreeland, Alexei Brodovitch et Richard Avedon a permis l’écriture de quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la mode. L’arrivée d’Avedon dans l’équipe du magazine au lendemain de la guerre n’a toutefois pas été simple. Avedon qui venait de servir comme photographe dans la marine marchande subit en effet l’annulation de 14 entretiens avant d’être reçu au Harper’s. Sa détermination est payante puisqu’il intègre à 21 ans l’équipe du magazine. Le légendaire directeur artistique Alexei Brodovitch impacte alors de façon déterminante l’évolution du photographe tout d’abord chargé de séries de mode pour le Junior Bazaar. Les photos de ses débuts remplies de naturel mêlent à la fois un certain réalisme et une profonde euphorie de l’après-guerre. Avedon traduit ensuite par un dépouillement progressif de l’image l’obsession du vide et l’amour du papier de Brodovitch. Tout ce qui parasite l’espace et détourne l’attention du modèle est peu à peu éliminé. Cette approche l’entraine à favoriser les prises de vue en studio. Isolé sur un fond uni sans coutures, la vérité des individus apparaît comme une évidence dans un mouvement, un sourire, un je ne sais quoi de fragile. La sensibilité d’Avedon alliée aux choix stylistiques de Snow et Vreeland crée des séries de mode spectaculaires et des couvertures légendaires. On ne peut que se réjouir qu’Avedon ne se soit pas découragé devant la succession des entretiens annulés.
Une petite tradition familiale voulait que lorsqu’un membre de la famille était cité dans le Monde, on se réjouisse de cette publication en disant « untel a les honneurs du monde ». L’article « La mode crée son univers culturel » paru le 6 février 2008 a permis à Diktats de renouer avec cette habitude familiale. C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que nous avons lu les lignes suivantes « Rien à voir avec ces lieux plus confidentiels que sont par exemple la librairie du musée de la mode et du textile, à Paris ou Diktats, caverne d’Ali Baba pour livres rares et précieux ». Un article qui a permis à de nombreux curieux de venir découvrir quelques-uns de nos trésors exposés sur notre site internet.
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10h30, avenue Montaigne, l’aboyeuse annonce le 1er modèle, le défilé commence. Les mannequins traversent le 1er et deuxième salon puis terminent devant le grand escalier. Cette première collection de Christian Dior compte 170 modèles et décline 2 thèmes : “Huit” et le fameux “Corolle”. Le premier défilé le matin est stratégique : il est réservé à la presse exclusivement. Il y a ensuite un défilé pour les acheteurs non privés et les fabricants américains l’après-midi. Le lendemain est consacré aux acheteurs européens. Le service de presse est sur les dents: il faut caser près de 200 invités, certains sont même assis dans les escaliers.
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Monsieur Dior n’assiste pas aux défilés dans le salon, il s’est réfugié dans la cabine des mannequins où Madame Zehnacker lui rapporte les réactions des invités.
Carmel Snow, rédactrice légendaire du Harper’s Bazaar a pris place sur la fameuse banquette d’honneur avec 2 de ses collaborateurs. Son avis fait autorité même si on murumure qu’elle somnolle pendant les défilés. Très vite les réactions sont bonnes, Christian Dior ne veut pas y croire et se bouche les oreilles pour ne pas entendre les applaudissements de plus en plus reguliers. Carmel Snow reste impassible, semble même ailleurs. 15h00, à la surprise générale Carmel Snow revient chez Dior. Elle demande à revoir une dizaine de robes qu’elle décrit avec une grande précision. Aprés les avoir minitieusement observées elle retourne à l’hôtel San Regis, elle appelle Christian Dior et lance son célèbre “your dresses have such a new look, my dear Christian, it is a revolution !” La formule fait date. Certains acheteurs américains qui etaient déjà repartis après avoir lu ces commentaires reprennent l’avion pour Paris pour (re)voir la collection. le succès est tel que des défilés seront organisés pendant plusieurs mois pour la clientèle privée. |
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Fondée en 1907 par Maurice Leloir pour doter Paris d’un musée du costume, l’association avait reçu en 1977 un joli cadeau d’anniversaire : voir son musée s’installer dans le palais Galiera. Trente ans plus tard, c’est la société de l’histoire du costume qui gâte les amateurs de mode en leur permettant de se procurer un ouvrage de référence depuis longtemps épuisé. |
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La Révolution Française a donné lieu à des phénomènes de mode quelque peu excessifs mais particulièrement intéressants. Les Incroyables et Merveilleuses sont les plus connus mais on peut également citer cette tendance morbide qui a consisté à honorer à travers la mode la mémoire des guillotinés. Il y eut tout d’abord les fameux bals des victimes où ne pouvaient se rendre que ceux ou celles qui pouvaient prouver avoir perdu un proche sur l’échafaud. Les invités devaient saluer d’un mouvement sec de la tête à la manière des condamnés qui placent leur tête dans la guillotine. Les jeunes gens et jeunes filles se faisaient couper les cheveux ras la nuque comme l’avait institué la toilette des condamnés (coiffure à la victime). Ce fut aussi la mode des schalls rouge en souvenir du schall de Charlotte Corday lors de son exécution. Comble du bon goût cette jeunesse dorée arborait un fin ruban rouge “à la victime” autour du cou évoquant les corps décapités. Ces tendances scandalisèrent bon nombre de commentateurs, un siècle plus tard Octave Uzanne parlait encore d’une “infâme comédie” et d’une “bouffonnerie navrante”. |
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Il est surtout intéressant de noter comment ces artifices en se diffusant ont perdu leur caractère éminemment idéologique. Cette planche du Journal des Dames et des Modes (1797) que nous avons récemment acquise figure une ceinture “à la victime” qui est devenu un simple accessoire de mode vidé de sa substance contre-révolutionnaire.
Marks&Spencer nous offre un concentré de glamour rétro pour leur campagne de noël. Le film s’inspire des grands classiques hollywoodiens, des Hommes préfèrent les blondes à Gilda. La distribution est à la hauteur, Erin O’connor, Twiggy, Noemie Lenoir, Elizabeth Jagger à la poursuite de “Him”…Antonio Banderas lui-même. C’est charmant, c’est soigné mais c’est de la pure citation. La mode comme éternel recyclage esthétique.

