Billets de la rubrique Expositions

23 juin. Vernissage Madeleine Vionnet à l’UCAD

exposition madeleine vionnetLa perspective d’une exposition Vionnet nous avait fortement réjouis en sortant des expos Rykiel ou encore Valentino… L’influence de la couturière française dans l’histoire de la mode est en effet incroyable et cette technicienne du vêtement n’avait jamais été mise à l’honneur par un musée parisien. Et depuis l’exposition marseillaise de 1991 et la lyonnaise de 1995, le fonds exceptionnel légué par la couturière à l’UCAD (Musée des arts décoratifs) sommeillait et n’avait jamais été présenté dans son intégralité. Grâce à un mécénat spectaculaire de Natixis, l’ensemble des pièces Vionnet du musée ont pu être restaurées. Le parti pris de l’exposition a été de se baser sur le regard de Madeleine Vionnet sur son oeuvre et de ne présenter au public que les modèles choisis par Madeleine Vionnet lors de son legs en 1952. La couturière avait en effet gardé depuis ses débuts les robes qu’elle estimait représenter les moments forts de sa création. Plus de 130 pièces sont ainsi exposées. On saluera la scénographie signée Andrée Putman (dont la mère était d’ailleurs une cliente de Vionnet) qui permet grâce à un système de miroirs de voir enfin le dos des robes exposées. Un aspect loin d’être anodin sachant que les modèles présentés ne sont garnis d’aucune fermeture. Une élégance rare alliée à un souffle de liberté. Une animation souligne les recherches quasi-architecturales d’un vêtement premier en montrant comment à partir de 4 carrés de tissus naît la robe mouchoir.

On ne peut que conseiller de courir à cette exposition! D’autant plus que les impératifs de conservation voudraient que les modèles exposés soient ensuite gardés à l’ombre pour plusieurs lustres.
L’exposition Madeleine Vionnet, puriste de la mode dure jusqu’au 31 janvier 2010 au musée des Arts décoratifs www.lesartsdescoratifs.fr

Retrouvez notre sélection de documents sur Madeleine Vionnet en cliquant ici.

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05 mai. Met Ball & Alaïa : Naomi, Linda et Christy sont restées chez elles

natalia_fortuny_delphos_metLe Gala annuel du Costume Institute hier soir a été quelque peu terni par la mini-controverse lancée par Azzedine Alaïa il y a quelques jours. Plusieurs topmodels avaient fait appel au couturier pour leurs tenues de soirée mais celui-ci a réalisé qu’aucune de ses créations ne faisaient partie de l’exposition. Alaïa n’a donc pas souhaité que ses robes soient portées lors de la soirée d’inaguration. Plusieurs de ses amies top models parmi lesquelles Naomi, Linda, Christy et Stephanie ont tout simplement décidé de ne pas se rendre au gala plutôt que de solliciter un autre couturier. Alaïa enretient en effet une amitié profonde avec ces grands mannequins qu’il a véritablement contribué à lancer. Son travail avait donc toute sa place dans la section années 80 de l’exposition « Model as Muse ».
Pour Alaïa la responsable de cette éviction est Anna Wintour qui selon lui excerce une influence trop grande sur le Musée. En réponse Le conservateur Harold Koda a fait savoir que le Met n’aurait jamais imaginé qu’Alaïa puisse accepter de participer à une exposition collective comme celle-ci…
On ne peut que regretter l’absence de la fameuse « trinity » des supermodels à la soirée mais le gala a comme à son habitude fait le plein de stars. Et comme d’habitude créateurs et grandes maisons de luxe se sont battues âprement pour habiller cette assistance si glamour. Difficile d’ailleurs dans ce contexte de tirer son épingle du jeu : on ne pourra donc qu’applaudir quelques choix plus indépendants comme la robe Fortuny de Natalia Vodianova et la robe Adrian de Marisa Tomei.

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29 avr. Luxury in fashion Reconsidered – Kyoto

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Le Musée d’Art Moderne de Kyoto présente actuellement une exposition passionnante sur la nature des liens profonds entre la mode et le luxe. Les 90 modèles exposés proviennent des fabuleuses collections du Kyoto Costume Institute et couvrent une large période du 17e siècle à nos jours. L’exposition démontre clairement que notre perception du luxe est changeante et n’a cessé d’évoluer à travers les époques. La première section s’intéresse à « l’Ostentation » : les matières sont riches, les broderies opulentes et sont le fruit de centaines d’heures de travail. On peut y admirer un corsage d’Elizabeth I, un costume de Poiret pour la 1002e nuit ou encore des robes de Dior ou Schiaparelli.
A l’inverse la deuxième section montre que le luxe c’est aussi le « Less is more », des coupes parfaites, une élégance retenue qu’illustrent parfaitement les modèles de Vionnet, Chanel et Balenciaga.

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La 3e section est celle du « free-spirited » clothing : un luxe plus cérébral, synonyme de créativité affranchie de toute contrainte telle que peut la pratiquer Rei Kawakubo. La 4e et dernière section se concentre sur la notion de luxe comme « rareté » : dans un contexte de production de masse, l’artisanat et le recyclage détourné qui constituent toute la démarche de Martin Margiela redonne au produit délaissé une âme et une identité renouvelée.
Sans répondre véritablement à la question initiale l’exposition n’en est pas moins extrèmement intéressante pour la qualité et la diversité de ce qui est présenté.  Pour l’anecdote Sony apporte la japanese touch à travers des écrans où le visiteur en jouant avec une manette de playstation peut zoomer de manière extrèment précise sur les modèles exposés. L’exposition est visible jusqu’au 24 mai puis déménagera au Musée d’Art Contemporain de Tokyo le 31 octobre.
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22 mar. Bergé retire Saint-Laurent du Grand monde de Warhol

Yves Saint-Laurent par Andy WarholPierre Bergé a retiré du « Grand monde de Warhol », les 4 portraits de Saint-Laurent appartenant à sa fondation. L’ancien compagnon du couturier n’est en effet pas satisfait par la place accordée à ces toiles par le commissaire de l’exposition Alain Cueff. Pour être précis, ça n’est pas l’emplacement des toiles qui gêne mais le fait d’avoir intellectuellement rangé Yves Saint Laurent dans la section « Glamour » de l’exposition aux côtés d’Armani, de Rykiel ou d’Hélène Rochas. Impensable dans la démarche de canonisation de Saint Laurent menée par Pierre Bergé. Yves Saint-Laurent se doit figurer au Panthéon des artistes maudits et non ailleurs. Bergé use donc de son droit de propriétaire et prive les visiteurs des tableaux. Rassurez-vous, il y en a encore 250. Bergé fait ce qu’il veut de ses oeuvres mais si ça continue, il va devenir compliqué de dire qu’Yves Saint-Laurent était couturier. Et puis au fond à quoi bon s’agiter? Dans Yves Saint-Laurent, il y a déjà  »saint »…

Le Grand monde d’Andy Warhol, à partir du 18 mars 2009 au Grand Palais.

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21 mar. Exposition Valentina – American Couture And The Cult of Celebrity

valentina_horst1Grande couturière des années 30 et 40, Valentina est une figure quelque peu oubliée de la mode américaine. L’exposition que lui consacre le Musée de la Ville de New York est donc l’occasion de découvrir ce personnage fascinant. Valentina Schlee (1899 – 1989) arrive à New York en 1922, son lourd accent ukrainien met fin rapidement à ses ambitions théâtrales mais elle gardera tout au long de sa carrière le sens de la mise en scène. Sa beauté exotique et son goût parfait en font rapidement une une figure clé d’une couture américaine encore balbutiante. Elle habille les plus grandes stars : Norma Shearer, Gloria Swanson, Marlene Dietrich, Katherine Hepburn et surtout Greta Garbo. Son style est emblématique de l’élégance new yorkaise de ces années 30 mais se démarque par une grande simplicité et un sens pratique très novateur.

Valentina doit une grande partie de son succés à un incroyable sens de la publicité. Elle est l’incarnation de sa maison et pose elle-même avec ses robes dans les magazines comme le montre cette photo de Horst pour un numéro de Vogue. Elle habille les stars mais elle en fait surtout ses amies et devient un membre incontournable de la haute société new yorkaise. La presse modaine guette chacune de ses apparitions et lui garantit une publicité phénoménale. Valentina devient une icone du style et inspire nombre de ses clientes.

L’exposition est très riche et de nombreuses pièces n’avaient jamais été présentées auparavant. On y retrouve des robes, dessins et photographies qui proviennent des grands musées new-yorkais mais aussi de la collection des héritiers de Valentina. L’exposition est accompagnée d’un excellent livre de Kohle Yohannan chez Rizzoli.

Il faut souligner la scénographie qui est particulièrement réussie avec un jeu de correspondance graphique entre la typographie de Valentina et les cables d’acier qui soutiennent les plateformes. On apprécie surtout la proximité avec le vêtement présenté sans vitrine, un plaisir rare dans les expositions de mode.

Valentina au Musée de la Ville de NY

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18 fév. Model as Muse – Metropolitan Costume Institute

model_as_muse_metropolitanCette année les mannequins ont une actualité toute particulière auprès des musées de mode. Alors que Galliera prépare son expo Kate Moss, le Costume Institute à partir du 6 mai va s’intéresser à la place du mannequin dans la création de mode. Il s’agira de montrer à travers l’évolution des canons de beauté entre 1947 et 1997 comment les mannequins sont l’incarnation de leur temps et des changement sociologiques qui s’opèrent.
C’est après la 2de guerre mondiale que les agences de mannequin se sont développées. On voit alors apparaitre des identités fortes et bien distinctes avec notamment Lisa Fonssagrives, Dovima ou Suzy Parker.
Une gallerie inspirée du film « qui êtes-vous Polly Magoo » illustrera les années 60 et l’arrivée de mannequins plus jeunes et moins sophistiqués comme Twiggy.
Les années 70 sont ensuite incarnées par des beautés plus athlétiques comme Lisa Taylor et Jerry Hall. Les années 80 voient bien-sûr l’explosion des supermodels qui atteignent des sommets de notoriété et de rémunération. En réaction le grunge et le minimalisme des années 90 mettent en avant des beautés moins glamoureuses dont Kate Moss est la figure emblématique.
Le grand gala d’ouverture organisé par Anna Wintour aura lieu le 4 mai. Il sera présidé par Marc Jacobs et animé par kate Moss (encore et toujours) et Justin Timberlake. Le livre de l’exposition sortira courant mai.

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06 déc. Martin Margiela a de la suite dans ses idées

La suite Elle Décoration par Martin Margiela
Le 4 décembre dernier, une des plus belles terrasses de Paris accueille le petit monde de la mode et de la déco. Au sommet de Chaillot, on vernit l’appartement de l’architecte Jacques Carlu (rebaptisé « la suite Elle décoration ») relooké par la maison Margiela. Fidèle à ses codes, la maison Margiela a habillé les pièces grâce à des effets de matières, d’accumulation, de reflets, de trompe-l’œil, le tout bien entendu dans les tons blancs. L’idée générale est celle d’un esprit « after party », un lieu déserté par les convives, cotillons au sol, chaises empilées, housses sur les meubles. Libérée des contraintes utilitaires habituellement dévolues à une habitation, la suite tient plus de l’installation que d’un lieu prêt-à-vivre. Une pièce entièrement capitonnée accueille ainsi en son centre une armoire frigorifique qui renferme aujourd’hui une paire de chaussures Margiela en glace. Parmi les présents, Christian Lacroix découvre cet exercice de style auquel il s’était lui-même livré pour la 1ère édition. Jean-Paul Gaultier venu lui aussi admirer le travail de son ancien assistant profite de la vue imprenable sur Paris. A 2h du matin, l’esprit after-party était définitivement là.
Si vous souhaitez découvrir l’endroit, c’est uniquement en groupe le samedi et le dimanche entre 14h et 17h. www.citechaillot.fr

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04 sept. Fortuny accueille George Barbier à Venise

George Barbier, le jugement de Paris, Falabalas et Fanfreluches, 1924Du 30 août 2008 au 5 janvier 2009, le palais Fortuny rend hommage à l’un des illustrateurs les plus raffinés de la première moitié du XXème siècle, le dandy George Barbier.  L’exposition intitulée « George Barbier, the birth of art deco » est la première consacrée à cet artiste qui eut pourtant une influence considérable sur l’illustration en participant aux côtés de Paul Iribe et Georges Lepape à la redéfinition des codes du genre dans les années 10 et 20.  Les peintures et dessins exposés permettent d’apprécier son style qui unit aussi bien l’influence de la culture grecque et étrusque que l’extrême finesse de Coromandel. L’antiquité, le dix-huitième siècle, les miniatures perses, les estampes japonaises se répondent dans un goût de la perfection qui se traduit par un soin extrême apporté aux détails. Ses compositions en couleurs sont souvent bâties comme des miniatures où le second plan n’existe non par la perspective mais par un foisonnement de détails que la couleur vient animer. Près de 100 ans après sa première exposition personnelle rue Tronchet à Paris en 1911, il était temps que George Barbier soit à nouveau célébré. A vos gondoles. Plus de renseignements sur le site des musées de la ville de Venise: www.museiciviciveneziani.it  

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13 août. Richard Avedon et le Harper’s Bazaar : un rendez-vous qui valait la peine d’attendre

Harpers Bazaar décembre 1952 La réunion au sein du Harper’s Bazaar de Carmel Snow, Diana Vreeland, Alexei Brodovitch et Richard Avedon a permis l’écriture de quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la mode. L’arrivée d’Avedon dans l’équipe du magazine au lendemain de la guerre n’a toutefois pas été simple. Avedon qui venait de servir comme photographe dans la marine marchande subit en effet l’annulation de 14 entretiens avant d’être reçu au Harper’s. Sa détermination est payante puisqu’il intègre à 21 ans l’équipe du magazine. Le légendaire directeur artistique Alexei Brodovitch impacte alors de façon déterminante l’évolution du photographe tout d’abord chargé de séries de mode pour le Junior Bazaar. Les photos de ses débuts remplies de naturel mêlent à la fois un certain réalisme et une profonde euphorie de l’après-guerre. Avedon traduit ensuite par un dépouillement progressif de l’image l’obsession du vide et l’amour du papier de Brodovitch. Tout ce qui parasite l’espace et détourne l’attention du modèle est peu à peu éliminé. Cette approche l’entraine à favoriser les prises de vue en studio. Isolé sur un fond uni sans coutures, la vérité des individus apparaît comme une évidence dans un mouvement, un sourire, un je ne sais quoi de fragile. La sensibilité d’Avedon alliée aux choix stylistiques de Snow et Vreeland crée des séries de mode spectaculaires et des couvertures légendaires. On ne peut que se réjouir qu’Avedon ne se soit pas découragé devant la succession des entretiens annulés. 

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08 nov. Christian Lacroix – Histoires de mode

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Il a rarement été possible de voir autant de robes en une seule exposition de l’Ucad et c’est vraiment ce qui fait la réussite de cette exposition. Pour le 20eme anniversaire de sa maison, Christian Lacroix a déjà eu droit cette année à de nombreux hommages. L’exposition « Christian Lacroix, Costumier » notamment était une merveille on risquait donc l’overdose avec cette nouvelle retrospective. La bonne idée est d’avoir ouvert les réserves de l’Ucad à Christian Lacroix qui chaque vendredi a pu choisir des modèles parmi ceux qui l’ont inspiré tout au long de sa vie. Chaque création de Lacroix est donc présentée devant une portant entier de robes somptueuses qui ont marqué l’histoire de la couture. C’est toute sa culture et son amour de la haute couture qu’il partage ici. La juxtaposition de modèles des années 20 avec du Comme des Garçons fait jaillir des ressemblances surprenantes et suscite une vraie reflexion sur les questions de modernité et d’historicisme dans la mode. C’est aussi rassurant de voir une exposition consacrée à un couturier vivant qui ne résume pas à un égotrip prétentieux. Lacroix reconnait l’influence de ses précédesseurs avec beacoup d’humilité et d’affection (la vitrine Mainbocher est à ce titre très touchante) et se pose ainsi en digne héritier.

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