La suite Elle Décoration par Martin Margiela
Le 4 décembre dernier, une des plus belles terrasses de Paris accueille le petit monde de la mode et de la déco. Au sommet de Chaillot, on vernit l’appartement de l’architecte Jacques Carlu (rebaptisé « la suite Elle décoration ») relooké par la maison Margiela. Fidèle à ses codes, la maison Margiela a habillé les pièces grâce à des effets de matières, d’accumulation, de reflets, de trompe-l’œil, le tout bien entendu dans les tons blancs. L’idée générale est celle d’un esprit « after party », un lieu déserté par les convives, cotillons au sol, chaises empilées, housses sur les meubles. Libérée des contraintes utilitaires habituellement dévolues à une habitation, la suite tient plus de l’installation que d’un lieu prêt-à-vivre. Une pièce entièrement capitonnée accueille ainsi en son centre une armoire frigorifique qui renferme aujourd’hui une paire de chaussures Margiela en glace. Parmi les présents, Christian Lacroix découvre cet exercice de style auquel il s’était lui-même livré pour la 1ère édition. Jean-Paul Gaultier venu lui aussi admirer le travail de son ancien assistant profite de la vue imprenable sur Paris. A 2h du matin, l’esprit after-party était définitivement là.
Si vous souhaitez découvrir l’endroit, c’est uniquement en groupe le samedi et le dimanche entre 14h et 17h. www.citechaillot.fr

Posted by Monsieur Antoine, filed under Expositions. Date: décembre 6, 2008, 8:40 | No Comments »

Sonia Rykiel contre la mode.jpgDrôle d’impression à la sortie de l’expo Rykiel, cette exhibition qui porte bien son nom. Ne nous attardons pas sur les vêtements exposés : ils n’ont rien de spectaculaire, il suffit d’aller boulevard St Germain pour voir des choses très semblables. Ce qui est intéressant c’est plutôt la démarche qui consiste à légitimer cette exposition et  nous démontrer que Sonia a sa place parmi les grands  de l’histoire de la mode. Les textes explicatifs sont de véritables dossiers de presse sans aucune distance critique. Ils baignent dans la rhétorique Rykiel avec ses métaphores alambiquées qui nous rappellent que dans la maison on aime aussi la littérature. Sur le fond on y apprend que Sonia n’a pas juste mis son pull à l’envers, elle a tout simplement révolutionné la mode. Les japonais lui doivent tout et sans elle les 6 d’Anvers auraient vendu des frites. N’oublions pas non plus l’omniprésente Nathalie, LA femme Rykiel par excellence, si fascinante que 2 vitrines entières lui sont consacrées et nous font pénétrer dans sa garde-robe.  La fin de l’expo frôle la caricature. On y découvre les pièces  les plus intéressantes : celles réalisées en hommage à Sonia par d’autres créateurs (lire Sonia est une icône pour ses pairs) et surtout un mur couvert de petits mots signés par une pléthore d’artistes, d’intellectuels et d’hommes politiques (lire Sonia est l’égale des grands de ce monde). Tout un carnet d’adresses ainsi exhibé sans pudeur où l’on a veillé à ce que les noms des expéditeurs soient bien visibles. En somme il est difficile de ne pas voir dans tout cela une nouvelle instrumentalisation de l’espace muséal par des marques en manque de caution artistique. C’est un mal quelque peu récurrent ces derniers temps mais c’est probablement le prix à payer pour des événements plus intéressants  en particulier la future exposition Vionnet que nous attendons avec impatience. 

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: novembre 20, 2008, 7:24 | No Comments »

George Barbier, le jugement de Paris, Falabalas et Fanfreluches, 1924Du 30 août 2008 au 5 janvier 2009, le palais Fortuny rend hommage à l’un des illustrateurs les plus raffinés de la première moitié du XXème siècle, le dandy George Barbier.  L’exposition intitulée « George Barbier, the birth of art deco » est la première consacrée à cet artiste qui eut pourtant une influence considérable sur l’illustration en participant aux côtés de Paul Iribe et Georges Lepape à la redéfinition des codes du genre dans les années 10 et 20.  Les peintures et dessins exposés permettent d’apprécier son style qui unit aussi bien l’influence de la culture grecque et étrusque que l’extrême finesse de Coromandel. L’antiquité, le dix-huitième siècle, les miniatures perses, les estampes japonaises se répondent dans un goût de la perfection qui se traduit par un soin extrême apporté aux détails. Ses compositions en couleurs sont souvent bâties comme des miniatures où le second plan n’existe non par la perspective mais par un foisonnement de détails que la couleur vient animer. Près de 100 ans après sa première exposition personnelle rue Tronchet à Paris en 1911, il était temps que George Barbier soit à nouveau célébré. A vos gondoles. Plus de renseignements sur le site des musées de la ville de Venise: www.museiciviciveneziani.it  

Posted by Monsieur Antoine, filed under Expositions. Date: septembre 4, 2008, 12:32 | 1 Comment »

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Il a rarement été possible de voir autant de robes en une seule exposition de l’Ucad et c’est vraiment ce qui fait la réussite de cette exposition. Pour le 20eme anniversaire de sa maison, Christian Lacroix a déjà eu droit cette année à de nombreux hommages. L’exposition “Christian Lacroix, Costumier” notamment était une merveille on risquait donc l’overdose avec cette nouvelle retrospective. La bonne idée est d’avoir ouvert les réserves de l’Ucad à Christian Lacroix qui chaque vendredi a pu choisir des modèles parmi ceux qui l’ont inspiré tout au long de sa vie. Chaque création de Lacroix est donc présentée devant une portant entier de robes somptueuses qui ont marqué l’histoire de la couture. C’est toute sa culture et son amour de la haute couture qu’il partage ici. La juxtaposition de modèles des années 20 avec du Comme des Garçons fait jaillir des ressemblances surprenantes et suscite une vraie reflexion sur les questions de modernité et d’historicisme dans la mode. C’est aussi rassurant de voir une exposition consacrée à un couturier vivant qui ne résume pas à un égotrip prétentieux. Lacroix reconnait l’influence de ses précédesseurs avec beacoup d’humilité et d’affection (la vitrine Mainbocher est à ce titre très touchante) et se pose ainsi en digne héritier.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: novembre 8, 2007, 7:09 | No Comments »

Lundi 7 mai 11h00, nous sommes en retard pour la press preview de “Poiret King of Fashion” au Metropolitan! Aprés un petit sprint le long de central park, nous voilà en train de gravir le tapis rouge qui servira pour le gala du musée le soir même. Bien-entendu nous ne sommes pas en retard du tout, rien ne commence jamais à l’heure dans la mode… Rapide coup d’oeil dans le hall : Anna Wintour est là dans un coin, Suzy Menkes signe le registre de sécurité, Hillary Alexander discute au téléphone. Bref c’est du lourd. Nous prenons le temps de parcourir l’exposition et de mitrailler autant que possible puisqu’aujourd’hui c’est permis.

Vient ensuite le temps des discours officiel. Philippe de Montebello, Directeur du Metropolitan ouvre le bal et remercie le soutien de Balenciaga. C’est au tour de Harold Koda, Conservateur en chef, d’expliquer comment il a été averti par Hamish Bowles de la vente aux enchères des robes Poiret et comment les prix ont très vite atteint des sommets (le Met a néanmoins raflé une bonne partie des pièces d’importance). Nicolas Ghesquiére enfin nous explique sa fierté à collaborer à une exposition aussi prestigieuse et rappelle l’importance de Poiret dans l’histoire de la mode.


Outre le gratin de la presse de mode, on a pu croiser de riches new yorkaises de la 5e ou de Madison avenue mais aussi d’autres journalistes un peu moins au fait de la question Poiret. Je pense notamment à ma voisine de droite qui a tendu son micro à Harold Koda pour savoir d’où venait son costume… (Armani pour ceux que ça intéresse).

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: juillet 1, 2007, 3:00 | No Comments »