Billets de la rubrique Couturiers

09 juin. Georges Saad: costumes de bains à la manière d’Hoyningen-Huené, 1933

hoyningen-huene_lelong_1929

La lecture des premiers numéros de la revue Adam-chemisier nous a permis de découvrir dans le n°2 (15/02/1933) une sympathique série de mode photographiée par Georges Saad qui met en scène des maillots de bains masculins (Mauchauffée, Gaston Verdier, Gévésport, etc.). Portés par des mannequins Pierre Imans, les modèles rappellent les mises en scène de costumes de bain par Hoyningen-Huené pour Vogue de la fin des années 1920. On pense notamment à la photographie 1929 de Georgia Graves dans un maillot de bain de Lucien Lelong.

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05 juin. Exposition Chateau d’Haroue : Givenchy, Balenciaga et Venet

Robe portée par Audrey Hepburn dans Breakfats at Tiffanys

La princesse Minnie de Beauvau-Craon organise dans son chateau lorrain une très belle exposition de mode dont elle a confié la mise en scène à ses amis Hubert de Givenchy et Philippe Venet.
40 robes de haute couture sont présentées dont certaines pièces tout à fait exceptionnelles justifient à elles-seules le déplacement.
Pour Hubert de Givenchy c’est l’occasion de rendre hommage à son maitre Cristobal Balenciaga en présentant des robes de bal provenant de sa collection personnelle et qui lui ont été offertes par la Comtesse Mona Bismarck.
Le modèle le plus spectaculaire est sans nul doute la robe de mariée de la Reine Fabiola, ourlée de 36 mètres de vison blanc, une des dernières oeuvres de Cristobal Balenciaga. C’est la première fois que l’on peut revoir cette robe depuis la cérémonie en 1960.

robe de mariee de la reine Fabiola par Balenciaga

Mais Givenchy présente également deux de ses plus célèbres créations : la robe mythique d’Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s ainsi que la robe du soir portée par Jacqueline Kennedy lors du diner officiel à Versailles donné par le Général de Gaulle en 1961.

Robe de Jackie Kennedy Givenchy diner versailles

Le chateau d’Haroué, bel exemple de l’art français au début du XVIIIème siècle, offre un cadre prestigieux à cette exposition nostalgique d’un certain age d’or de la couture française.

L’exposition se tient jusqu’au 17 aout 2010.
Chateau d’Haroué

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28 mar. Vente Jean Patou par Christian Lacroix

Vente Patou par Christian Lacroix

Ce dimanche la maison Chayette & Cheval organise à Drouot Richelieu la dispersion de la dernière collection de Haute Couture Printemps/Eté 1987 dessinée par Christian Lacroix pour Jean Patou.
Cette vacation propose les 60 robes du défilé Printemps/Eté 1987 conservées jusqu’alors par Jean de Moüy, le petit-neveu et légataire du grand couturier Jean Patou.
L’intérêt de cette vente est que la collection couture de 1987 n’a jamais été commercialisée, Christian Lacroix ayant quitté Patou peu de temps après la présentation pour fonder sa propre maison avec la succès que l’on sait. Les robes compte tenu de leur exclusivité seront soumises à un prix de réserve « raisonnable », situé entre 500 et 1.000 euros.
Les modèles présentés n’ont pas grand chose à voir avec l’esthétique de la maison Patou du temps de son fondateur. Les volumes, les volants, les pois et rayures, tout est très chargé. On perçoit clairement le style de Christian Lacroix mais force est de constater qu’il s’exprime de façon plus aboutie dans les collections qu’il présentera par la suite sous son propre nom.
Jean de Moüy disperse également sa collection de flacons de parfum dont un très bel et rare ensemble de Flacons à Parfum et préparations aromatiques diverses, de la maison L.T Piver, l’un des plus anciens grands parfumeurs français, provenant de mallettes de représentants.

vente-LT-Pivert

Addendum : La vente a rapporté 168.462 euros, la pièce la plus chère (une robe du soir en taffetas imprimé, d’inspiration toile de Jouy, dénommée « Pourquoi pas ») est partie pour 10.228 euros.

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06 mar. Poiret King of Fashion – Met 2007

Quelques souvenirs de la magnifique exposition du Costume Institute au Metropolitan à New York en 2007. On a pu y admirer une réunion exceptionnelle de modèles de Paul Poiret, sublimés par le travail de Jean-Hugues de Chatillon qui a peint les arrières-plans de chaque vitrine.

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28 jan. Isadora Duncan, un esprit et un corps en liberté

isadora_duncan_1911 Le musée Bourdelle accueille actuellement une exposition consacrée à Isadora Duncan. Son affranchissement de la rigidité des codes de la danse s’accompagne également à l’époque d’une libération du corps. La liberté de la danseuse influence ainsi certains couturiers de la Belle Epoque qui apprécient la grâce de cette artiste qui danse pieds nus, sans corset, en tenue légère ou même sans.

En 1907, Madeleine Vionnet s’inspire de la danseuse pour réaliser sa première collection chez Doucet composée de vêtements proches des déshabillés qui rompent avec les silhouettes habituellement corsetées. Isadora Duncan se noue d’amitié avec Paul Poiret (le tout Paris leur prête d’ailleurs une liaison). Durant sa célèbre soirée « Les Festes de Bacchus » donnée au pavillon du Butard, elle interprète une aria de Bach  qui laisse les convives de Poiret émus aux larmes.  L’année suivante, lorsque le couturier perd son fidèle bras droit Rousseau, elle improvise en hommage une chorégraphie sur la marche funèbre de Chopin. Une performance qu’elle avait toujours évitée par superstition. 15 jours plus tard ses enfants meurent dans un accident. Elle meurt elle-même tragiquement en 1927 lorsque son écharpe se prend dans les roues de sa décapotable.

Si vous souhaitez découvrir cette artiste hors norme, son époque et les artistes qu’elle inspira (Antoine Bourdelle, Edward Steichen, Eugène Carrière, etc.), rendez-vous au musée Bourdelle avant le 20 mars prochain.

Isadora Duncan, une sculpture vivante, musée Bourdelle, 01 49 54 73 73

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14 jan. Les petites mains de Madeleine Vionnet

colloque_vionnet_photo2_webCe jeudi 14 et vendredi 15 janvier, Madeleine Vionnet est une nouvelle fois à l’honneur. Mais derrière elle, se cache encore aujourd’hui une armée de petites mains. Pas les 1200 cousettes de sa maison de couture mais les 60 personnes qui ont travaillé à la remise en état et à la conservation du fonds exceptionnel de l’UCAD (Musée des Arts Décoratifs) consacré à la couturière. C’est la restauration de cet ensemble incomparable de plus de 225 pièces Vionnet qui était à l’ordre du jour de ce colloque organisé conjointement par l’UCAD et l’Institut du Patrimoine. Un travail colossal rendu possible grâce au mécénat de Natixis. La méthodologie et les restaurations ont ainsi été détaillées mettant en avant les contraintes liées à la technique même de la créatrice. En effet, l’impact des matières utilisées par leur nature même (tulle, gaze de soie, etc.), les conséquences de l’application de broderies sur ces tissus, ou encore de l’utilisation de la coupe en biais faisaient de cet exceptionnel chantier de restauration un véritable défi pour les équipes de Maximilien Durand, responsable de la conservation et de la restauration de l’UCAD. Le résultat est à la hauteur de l’ambition.

Pour comprendre l’art de Madeleine Vionnet, le colloque a bien entendu donné la parole à Pamela Golbin – qui a assuré le commissariat de l’exposition de l’UCAD - ; mais a surtout donné l’occasion aux personnes présentes d’écouter Betty Kirke, la grande référence sur Madeleine Vionnet. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons religieusement écouté cette historienne américaine expliquer l’approche géométrique de cette technicienne de la mode. Betty Kirke a ainsi démontré la recherche d’un vêtement premier à travers l’utilisation de formes géométriques (carrés, rectangles, cercles) en présentant une série de patrons de robes et de manteaux. La salle a soudainement pris conscience de la pureté de cette abstraction mathématique quand l’assistante de Betty Kirke enfila une simple toile basée sur un patron formé de rectangles. Sous les indications de l’historienne, le tissu devint en instant un magnifique manteau-cape. L’évidence du génie.

Musée des Art Décoratifs (www.lesartsdecoratifs.fr) / Insitut du Patrimoine (www.inp.fr)

Retrouvez notre sélection de documents sur Madeleine Vionnet en cliquant ici.

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16 déc. Rose Bertin et Charlotte Picot se battent comme des chiffonniers

rose_bertin_ministre_des_modes2Le dimanche 15 avril 1781, une bataille prit place dans le bien nommé salon de la guerre du palais de Versailles! Deux ennemies qui y attendaient le passage de la famille royale s’y croisent. Leurs noms: Rose Bertin et Charlotte Picot. Leurs fonctions: marchandes de mode. Ce qui se passa ce jour-là n’est pas clair et donna lieu à plusieurs procès qui durèrent jusqu’en 1784 (du jugement de la prévôté de l’Hôtel de Versailles, jusqu’à l’appel devant le Grand Conseil qui entraina une nouvelle audience). Charlotte Picot accusa Rose Bertin devant les tribunaux de l’avoir insultée et de lui avoir craché au visage. L’affront aurait été tel que mademoiselle Picot en aurait perdu connaissance pendant plus d’une demi-heure. Rose Bertin, toutefois célèbre pour ses colères se défendit de cette accusation. Elle était alors la marchande de mode de la reine et Charlotte Picot ne lui était pas inconnue. C’était en effet son ancienne première ouvrière qui avait quitté sa boutique pour s’installer à son compte et séduisait une partie de sa clientèle. Un affrontement commercial qui se transforma en bataille de chiffonniers au coeur même du palais de Versailles. Les marchandes de mode manquent parfois d’élégance…

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17 oct. High Style : Betsy Bloomingdale and the Haute Couture

betsy-bloomingdale Betsy Bloomingdale, femme de Alfred P. Bloomingdale (héritier des fameux grands magasins) et cliente haute couture de 1961 à 1996 a pendant 30 ans fait des dons au musée du Fashion Institute of Design and Merchandising de Los Angeles qui lui consacre aujourd’hui une exposition.
La garde robe de Madame Bloomingdale se composée de pièces Dior (par Marc Bohan ou Grianfranco Ferre), Givenchy, Balmain, Yves Saint-Laurent et Courrèges. 60 tenues sont exposées de même que des photographies ou des croquis de couturiers. Outre le style jet set de Betsy, l’exposition s’intéresse au monde de la couture de ces 3 décennies.
A partir du 21 octobre, Musée du Fashion Institute of Design and Merchandising de Los Angeles.

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06 juil. Vente Elsa Schiaparelli : belles pièces, prix élevés

vente_elsa_schiaparelliLes murs de la salle 1 de Drouot étaient aujourd’hui recouverts de tissu rose Shocking à l’occasion de la vente Schiaparelli. L’étude Cornette de Saint Cyr y dispersait de nombreuses pièces importantes de la couturière. Sous l’oeil de Marisa Bérenson, la petite fille de la créatrice, les enchères ont atteint des sommes élevées. La veste dessinée par Jean Cocteau pour Schiaparelli et brodée par Lesage en 1937 (lot 200) fut le record de la vente en atteignant 140 000 euros. Une robe à tournure en soie à rayures horizontales noires et roses de l’été 1939 (lot 155) fut adjugée à une experte parisienne pour 63 000 euros vraisemblablement pour le compte d’un musée étranger. Inès de la Fressange fut très active durant les enchères et remporta une dizaine de pièces de Schiaparelli, notamment le poudrier téléphone (lot 293) créé par Salvador Dali pour 26 000 euros. En mai dernier, l’ancien mannequin avait déclaré à la presse canadienne qu’on lui avait demandé d’aider à la résurrection de la marque. Si jamais la belle Inès les avait finalement achetées pour elle-même, on ne doute pas qu’elle saurait les porter avec une certaine élégance…

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23 juin. Vernissage Madeleine Vionnet à l’UCAD

exposition madeleine vionnetLa perspective d’une exposition Vionnet nous avait fortement réjouis en sortant des expos Rykiel ou encore Valentino… L’influence de la couturière française dans l’histoire de la mode est en effet incroyable et cette technicienne du vêtement n’avait jamais été mise à l’honneur par un musée parisien. Et depuis l’exposition marseillaise de 1991 et la lyonnaise de 1995, le fonds exceptionnel légué par la couturière à l’UCAD (Musée des arts décoratifs) sommeillait et n’avait jamais été présenté dans son intégralité. Grâce à un mécénat spectaculaire de Natixis, l’ensemble des pièces Vionnet du musée ont pu être restaurées. Le parti pris de l’exposition a été de se baser sur le regard de Madeleine Vionnet sur son oeuvre et de ne présenter au public que les modèles choisis par Madeleine Vionnet lors de son legs en 1952. La couturière avait en effet gardé depuis ses débuts les robes qu’elle estimait représenter les moments forts de sa création. Plus de 130 pièces sont ainsi exposées. On saluera la scénographie signée Andrée Putman (dont la mère était d’ailleurs une cliente de Vionnet) qui permet grâce à un système de miroirs de voir enfin le dos des robes exposées. Un aspect loin d’être anodin sachant que les modèles présentés ne sont garnis d’aucune fermeture. Une élégance rare alliée à un souffle de liberté. Une animation souligne les recherches quasi-architecturales d’un vêtement premier en montrant comment à partir de 4 carrés de tissus naît la robe mouchoir.

On ne peut que conseiller de courir à cette exposition! D’autant plus que les impératifs de conservation voudraient que les modèles exposés soient ensuite gardés à l’ombre pour plusieurs lustres.
L’exposition Madeleine Vionnet, puriste de la mode dure jusqu’au 31 janvier 2010 au musée des Arts décoratifs www.lesartsdescoratifs.fr

Retrouvez notre sélection de documents sur Madeleine Vionnet en cliquant ici.

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