13 août. Richard Avedon et le Harper’s Bazaar : un rendez-vous qui valait la peine d’attendre

Harpers Bazaar décembre 1952 La réunion au sein du Harper’s Bazaar de Carmel Snow, Diana Vreeland, Alexei Brodovitch et Richard Avedon a permis l’écriture de quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la mode. L’arrivée d’Avedon dans l’équipe du magazine au lendemain de la guerre n’a toutefois pas été simple. Avedon qui venait de servir comme photographe dans la marine marchande subit en effet l’annulation de 14 entretiens avant d’être reçu au Harper’s. Sa détermination est payante puisqu’il intègre à 21 ans l’équipe du magazine. Le légendaire directeur artistique Alexei Brodovitch impacte alors de façon déterminante l’évolution du photographe tout d’abord chargé de séries de mode pour le Junior Bazaar. Les photos de ses débuts remplies de naturel mêlent à la fois un certain réalisme et une profonde euphorie de l’après-guerre. Avedon traduit ensuite par un dépouillement progressif de l’image l’obsession du vide et l’amour du papier de Brodovitch. Tout ce qui parasite l’espace et détourne l’attention du modèle est peu à peu éliminé. Cette approche l’entraine à favoriser les prises de vue en studio. Isolé sur un fond uni sans coutures, la vérité des individus apparaît comme une évidence dans un mouvement, un sourire, un je ne sais quoi de fragile. La sensibilité d’Avedon alliée aux choix stylistiques de Snow et Vreeland crée des séries de mode spectaculaires et des couvertures légendaires. On ne peut que se réjouir qu’Avedon ne se soit pas découragé devant la succession des entretiens annulés. 

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