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Le 16 décembre dernier, un communiqué de presse annonce que 23 500 pièces de la collection de costume du Brooklyn Museum seront transférées en janvier au Costume Institute du Metropolitan. Cette collection fondée en 1902 avait pour vocation de servir de source d’inspiration à l’industrie américaine de la mode. Au fil des décennies le musée a constitué des fonds d’une grande richesse réunissant les plus grands couturiers : Worth, Poiret, Lanvin, Norman Norell, Claire McCardell et surtout une sélection exceptionnelle de créations de Charles James.
La réunion de ces deux patrimoines va constituer la plus grande collection de costumes au monde. Un livre est en préparation pour illustrer les pièces les plus emblématiques, la collection sera en outre le thème du grand Gala du Met en 2010.

 

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Musées. Date: décembre 18, 2008, 10:52 | No Comments »

La suite Elle Décoration par Martin Margiela
Le 4 décembre dernier, une des plus belles terrasses de Paris accueille le petit monde de la mode et de la déco. Au sommet de Chaillot, on vernit l’appartement de l’architecte Jacques Carlu (rebaptisé « la suite Elle décoration ») relooké par la maison Margiela. Fidèle à ses codes, la maison Margiela a habillé les pièces grâce à des effets de matières, d’accumulation, de reflets, de trompe-l’œil, le tout bien entendu dans les tons blancs. L’idée générale est celle d’un esprit « after party », un lieu déserté par les convives, cotillons au sol, chaises empilées, housses sur les meubles. Libérée des contraintes utilitaires habituellement dévolues à une habitation, la suite tient plus de l’installation que d’un lieu prêt-à-vivre. Une pièce entièrement capitonnée accueille ainsi en son centre une armoire frigorifique qui renferme aujourd’hui une paire de chaussures Margiela en glace. Parmi les présents, Christian Lacroix découvre cet exercice de style auquel il s’était lui-même livré pour la 1ère édition. Jean-Paul Gaultier venu lui aussi admirer le travail de son ancien assistant profite de la vue imprenable sur Paris. A 2h du matin, l’esprit after-party était définitivement là.
Si vous souhaitez découvrir l’endroit, c’est uniquement en groupe le samedi et le dimanche entre 14h et 17h. www.citechaillot.fr

Posted by Monsieur Antoine, filed under Expositions. Date: décembre 6, 2008, 8:40 | No Comments »

Sonia Rykiel contre la mode.jpgDrôle d’impression à la sortie de l’expo Rykiel, cette exhibition qui porte bien son nom. Ne nous attardons pas sur les vêtements exposés : ils n’ont rien de spectaculaire, il suffit d’aller boulevard St Germain pour voir des choses très semblables. Ce qui est intéressant c’est plutôt la démarche qui consiste à légitimer cette exposition et  nous démontrer que Sonia a sa place parmi les grands  de l’histoire de la mode. Les textes explicatifs sont de véritables dossiers de presse sans aucune distance critique. Ils baignent dans la rhétorique Rykiel avec ses métaphores alambiquées qui nous rappellent que dans la maison on aime aussi la littérature. Sur le fond on y apprend que Sonia n’a pas juste mis son pull à l’envers, elle a tout simplement révolutionné la mode. Les japonais lui doivent tout et sans elle les 6 d’Anvers auraient vendu des frites. N’oublions pas non plus l’omniprésente Nathalie, LA femme Rykiel par excellence, si fascinante que 2 vitrines entières lui sont consacrées et nous font pénétrer dans sa garde-robe.  La fin de l’expo frôle la caricature. On y découvre les pièces  les plus intéressantes : celles réalisées en hommage à Sonia par d’autres créateurs (lire Sonia est une icône pour ses pairs) et surtout un mur couvert de petits mots signés par une pléthore d’artistes, d’intellectuels et d’hommes politiques (lire Sonia est l’égale des grands de ce monde). Tout un carnet d’adresses ainsi exhibé sans pudeur où l’on a veillé à ce que les noms des expéditeurs soient bien visibles. En somme il est difficile de ne pas voir dans tout cela une nouvelle instrumentalisation de l’espace muséal par des marques en manque de caution artistique. C’est un mal quelque peu récurrent ces derniers temps mais c’est probablement le prix à payer pour des événements plus intéressants  en particulier la future exposition Vionnet que nous attendons avec impatience. 

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: novembre 20, 2008, 7:24 | No Comments »

George Barbier, le jugement de Paris, Falabalas et Fanfreluches, 1924Du 30 août 2008 au 5 janvier 2009, le palais Fortuny rend hommage à l’un des illustrateurs les plus raffinés de la première moitié du XXème siècle, le dandy George Barbier.  L’exposition intitulée « George Barbier, the birth of art deco » est la première consacrée à cet artiste qui eut pourtant une influence considérable sur l’illustration en participant aux côtés de Paul Iribe et Georges Lepape à la redéfinition des codes du genre dans les années 10 et 20.  Les peintures et dessins exposés permettent d’apprécier son style qui unit aussi bien l’influence de la culture grecque et étrusque que l’extrême finesse de Coromandel. L’antiquité, le dix-huitième siècle, les miniatures perses, les estampes japonaises se répondent dans un goût de la perfection qui se traduit par un soin extrême apporté aux détails. Ses compositions en couleurs sont souvent bâties comme des miniatures où le second plan n’existe non par la perspective mais par un foisonnement de détails que la couleur vient animer. Près de 100 ans après sa première exposition personnelle rue Tronchet à Paris en 1911, il était temps que George Barbier soit à nouveau célébré. A vos gondoles. Plus de renseignements sur le site des musées de la ville de Venise: www.museiciviciveneziani.it  

Posted by Monsieur Antoine, filed under Expositions. Date: septembre 4, 2008, 12:32 | 1 Comment »

Harpers Bazaar décembre 1952 La réunion au sein du Harper’s Bazaar de Carmel Snow, Diana Vreeland, Alexei Brodovitch et Richard Avedon a permis l’écriture de quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la mode. L’arrivée d’Avedon dans l’équipe du magazine au lendemain de la guerre n’a toutefois pas été simple. Avedon qui venait de servir comme photographe dans la marine marchande subit en effet l’annulation de 14 entretiens avant d’être reçu au Harper’s. Sa détermination est payante puisqu’il intègre à 21 ans l’équipe du magazine. Le légendaire directeur artistique Alexei Brodovitch impacte alors de façon déterminante l’évolution du photographe tout d’abord chargé de séries de mode pour le Junior Bazaar. Les photos de ses débuts remplies de naturel mêlent à la fois un certain réalisme et une profonde euphorie de l’après-guerre. Avedon traduit ensuite par un dépouillement progressif de l’image l’obsession du vide et l’amour du papier de Brodovitch. Tout ce qui parasite l’espace et détourne l’attention du modèle est peu à peu éliminé. Cette approche l’entraine à favoriser les prises de vue en studio. Isolé sur un fond uni sans coutures, la vérité des individus apparaît comme une évidence dans un mouvement, un sourire, un je ne sais quoi de fragile. La sensibilité d’Avedon alliée aux choix stylistiques de Snow et Vreeland crée des séries de mode spectaculaires et des couvertures légendaires. On ne peut que se réjouir qu’Avedon ne se soit pas découragé devant la succession des entretiens annulés. 

Posted by Monsieur Antoine, filed under Non classé. Date: août 13, 2008, 1:08 | No Comments »

Une petite tradition familiale voulait que lorsqu’un membre de la famille était cité dans le Monde, on se réjouisse de cette publication en disant « untel a les honneurs du monde ». L’article « La mode crée son univers culturel » paru le 6 février 2008 a permis à Diktats de renouer avec cette habitude familiale. C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que nous avons lu les lignes suivantes «  Rien à voir avec ces lieux plus confidentiels que sont par exemple la librairie du musée de la mode et du textile, à Paris ou Diktats, caverne d’Ali Baba pour livres rares et précieux ». Un article qui a permis à de nombreux curieux de venir découvrir quelques-uns de nos trésors exposés sur notre site internet.

Posted by Monsieur Antoine, filed under Non classé. Date: février 12, 2008, 10:39 | No Comments »


10h30, avenue Montaigne, l’aboyeuse annonce le 1er modèle, le défilé commence. Les mannequins traversent le 1er et deuxième salon puis terminent devant le grand escalier. Cette première collection de Christian Dior compte 170 modèles et décline 2 thèmes : “Huit” et le fameux “Corolle”. Le premier défilé le matin est stratégique : il est réservé à la presse exclusivement. Il y a ensuite un défilé pour les acheteurs non privés et les fabricants américains l’après-midi. Le lendemain est consacré aux acheteurs européens. Le service de presse est sur les dents: il faut caser près de 200 invités, certains sont même assis dans les escaliers.
Monsieur Dior n’assiste pas aux défilés dans le salon, il s’est réfugié dans la cabine des mannequins où Madame Zehnacker lui rapporte les réactions des invités.
Carmel Snow, rédactrice légendaire du Harper’s Bazaar a pris place sur la fameuse banquette d’honneur avec 2 de ses collaborateurs. Son avis fait autorité même si on murumure qu’elle somnolle pendant les défilés. Très vite les réactions sont bonnes, Christian Dior ne veut pas y croire et se bouche les oreilles pour ne pas entendre les applaudissements de plus en plus reguliers. Carmel Snow reste impassible, semble même ailleurs.
15h00, à la surprise générale Carmel Snow revient chez Dior. Elle demande à revoir une dizaine de robes qu’elle décrit avec une grande précision. Aprés les avoir minitieusement observées elle retourne à l’hôtel San Regis, elle appelle Christian Dior et lance son célèbre “your dresses have such a new look, my dear Christian, it is a revolution !”
La formule fait date. Certains acheteurs américains qui etaient déjà repartis après avoir lu ces commentaires reprennent l’avion pour Paris pour (re)voir la collection. le succès est tel que des défilés seront organisés pendant plusieurs mois pour la clientèle privée.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 10, 2008, 10:47 | No Comments »

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Fondée en 1907 par Maurice Leloir pour doter Paris d’un musée du costume, l’association avait reçu en 1977 un joli cadeau d’anniversaire : voir son musée s’installer dans le palais Galiera. Trente ans plus tard, c’est la société de l’histoire du costume qui gâte les amateurs de mode en leur permettant de se procurer un ouvrage de référence depuis longtemps épuisé.
Son fondateur avait en effet entrepris d’écrire une histoire du costume de l’antiquité à 1914. Maurice Leloir fait finalement paraître avec le concours de la société de l’histoire du costume, 5 volumes entre 1933 et 1949 qui couvrent la période de Louis XIII à Louis XVI. Numérotés de VIII à XII, chaque volume contient 80 pages de texte dans lesquelles l’auteur analyse le costume et illustre ses démonstrations à l’aide de coupes et de dessins. Quarante planches en couleurs reproduisant des tableaux ou des gravures de mode accompagnent l’ouvrage édité sous chemise. Bien que la technique d’impression utilisée ne rende guère hommage aux œuvres originales, ces livres sont une documentation de très grande qualité.
On ne peut donc que se réjouir que pour fêter le centenaire, le tome XI, consacré au règne de Louis XV 1725-1774 fasse l’objet d’une réédition.Pour s’offrir ce cadeau d’anniversaire, il vous faudra 180 euros et contacter la société de l’histoire du costume au Palais Galieria (10, Avenue Pierre Ier de Serbie, 75116 Paris).

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 8, 2008, 4:56 | No Comments »

La Révolution Française a donné lieu à des phénomènes de mode quelque peu excessifs mais particulièrement intéressants. Les Incroyables et Merveilleuses sont les plus connus mais on peut également citer cette tendance morbide qui a consisté à honorer à travers la mode la mémoire des guillotinés. Il y eut tout d’abord les fameux bals des victimes où ne pouvaient se rendre que ceux ou celles qui pouvaient prouver avoir perdu un proche sur l’échafaud. Les invités devaient saluer d’un mouvement sec de la tête à la manière des condamnés qui placent leur tête dans la guillotine. Les jeunes gens et jeunes filles se faisaient couper les cheveux ras la nuque comme l’avait institué la toilette des condamnés (coiffure à la victime). Ce fut aussi la mode des schalls rouge en souvenir du schall de Charlotte Corday lors de son exécution. Comble du bon goût cette jeunesse dorée arborait un fin ruban rouge “à la victime” autour du cou évoquant les corps décapités. Ces tendances scandalisèrent bon nombre de commentateurs, un siècle plus tard Octave Uzanne parlait encore d’une “infâme comédie” et d’une “bouffonnerie navrante”.

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Il est surtout intéressant de noter comment ces artifices en se diffusant ont perdu leur caractère éminemment idéologique. Cette planche du Journal des Dames et des Modes (1797) que nous avons récemment acquise figure une ceinture “à la victime” qui est devenu un simple accessoire de mode vidé de sa substance contre-révolutionnaire.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 6, 2008, 9:00 | No Comments »

La mode est largement commentée dans la blogosphère où s’expriment aussi bien des professionnels pointus que des internautes qui ont simplement un avis sur le vêtement et les dernières tendances. C’est cette dynamique que les conservateurs du Costume Institute du Metropolitan viennent de faire entrer au musée. L’idée est simple : présenter une sélection de modèles parmi les dernières acquisitions de l’institut sur les 7 dernières années et recueillir les réactions des visiteurs sur le blog de l’exposition. Chaque jour un des conservateurs présente un modèle sur le blog et invite les lecteurs à réagir. Pour Harold Koda la mode est moins intimidante pour le grand public que peut l’être l’art contemporain et suscite plus facilement des réactions de la part des visiteurs. Ce n’est clairement pas LA grande exposition du Met de cette année mais la démarche est intéressante dans l’interactivité qu’elle suscite et illustre parfaitement la vivacité de le mode comme forme artistique incarnée.

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La sélection de modèles est quant à elle très hétéroclite on y trouve aussi bien un habit anglais du 18e qu’une robe Comme des Garçons ou encore les chaussures Vivienne Westwood qui ont fait chuter Naomi lors d’un fameux défilé. Les commentaires sont eux aussi de qualité inégale mais témoignent d’une certaine spontanéité malgré la modération d’usage. Le blog sera ouvert jusqu’à la fin de l’exposition le 13 avril 2008. A noter le 30 mars un débat entre quelques bloggeurs de 1er plan : le sartorialist Scott Schuman ou la grande Diane Pernet. Pour conclure, ce commentaire d’un des lecteurs du blog : ”Oh but clothes, clothes, clothes, clothes - everyone has opinion on that, don’t they? The floodgates are open, and there’s no turning back. Cheers to a mysterious future in a further democratized art universe.”

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Musées. Date: décembre 22, 2007, 8:25 | No Comments »

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