Les célébrations des Ballets Russes se succèdent depuis l’année dernière qui marquait le centenaire de leur première saison parisienne. Les grandes scènes de Paris ont programmé en 2009 et 2010 les spectacles créés par la compagnie de Serge Diaghilev mais les musées ne sont pas aujourd’hui en reste car au-delà de la révolution chorégraphique, il convient de souligner l’influence des Ballets Russes sur les costumes et les décors avec l’arrivée de la couleur, de l’orient et des collaborations d’artistes d’avant-garde. A Paris, c’est la bibliothèque-musée de l’opéra (BNF) qui a choisi de leur rendre hommage à travers une exposition de dessins, maquettes et costumes qui dure jusqu’au 23 mai 2010.
Un livre-catalogue sous la direction de Mathias Auclair et Pierre Vidal est publié aux éditions Gourcuff-Gradenigo.
Les Ballets Russes, Opéra de Paris, www.operadeparis.fr
Le musée Bourdelle accueille actuellement une exposition consacrée à Isadora Duncan. Son affranchissement de la rigidité des codes de la danse s’accompagne également à l’époque d’une libération du corps. La liberté de la danseuse influence ainsi certains couturiers de la Belle Epoque qui apprécient la grâce de cette artiste qui danse pieds nus, sans corset, en tenue légère ou même sans.
Cette année 2010 sera l’occasion de fêter le 90ème anniversaire de l’édition française de Vogue. Le premier numéro parait le 15 juin 1920. C’est avec une couverture signée Helen Dryden que débute l’aventure française. Un portrait de 2 tenniswomen qui servit d’ailleurs également au Vogue américain du même mois (numéro du 1er juin). Les éditions française, américaine et britannique (créée en 1916) utilisent en effet dans les années 20 les mêmes dessins pour certaines couvertures. La composition de Georges Lepape utilisée pour le numéro du 1er novembre 1920 de l’édition française est la reprise de la couverture du 15 octobre de l’édition américaine. De superbes compositions des meilleurs illustrateurs de l’époque accompagnent le Vogue Paris dans les années 20 et 30. On attend donc impatiemment l’anniversaire du magazine en espérant que ces premières années de la revue seront moins oubliées que dans les dernières célébrations.
Ce jeudi 14 et vendredi 15 janvier, Madeleine Vionnet est une nouvelle fois à l’honneur. Mais derrière elle, se cache encore aujourd’hui une armée de petites mains. Pas les 1200 cousettes de sa maison de couture mais les 60 personnes qui ont travaillé à la remise en état et à la conservation du fonds exceptionnel de l’UCAD (Musée des Arts Décoratifs) consacré à la couturière. C’est la restauration de cet ensemble incomparable de plus de 225 pièces Vionnet qui était à l’ordre du jour de ce colloque organisé conjointement par l’UCAD et l’Institut du Patrimoine. Un travail colossal rendu possible grâce au mécénat de Natixis. La méthodologie et les restaurations ont ainsi été détaillées mettant en avant les contraintes liées à la technique même de la créatrice. En effet, l’impact des matières utilisées par leur nature même (tulle, gaze de soie, etc.), les conséquences de l’application de broderies sur ces tissus, ou encore de l’utilisation de la coupe en biais faisaient de cet exceptionnel chantier de restauration un véritable défi pour les équipes de Maximilien Durand, responsable de la conservation et de la restauration de l’UCAD. Le résultat est à la hauteur de l’ambition.
Le dimanche 15 avril 1781, une bataille prit place dans le bien nommé salon de la guerre du palais de Versailles! Deux ennemies qui y attendaient le passage de la famille royale s’y croisent. Leurs noms: Rose Bertin et Charlotte Picot. Leurs fonctions: marchandes de mode. Ce qui se passa ce jour-là n’est pas clair et donna lieu à plusieurs procès qui durèrent jusqu’en 1784 (du jugement de la prévôté de l’Hôtel de Versailles, jusqu’à l’appel devant le Grand Conseil qui entraina une nouvelle audience). Charlotte Picot accusa Rose Bertin devant les tribunaux de l’avoir insultée et de lui avoir craché au visage. L’affront aurait été tel que mademoiselle Picot en aurait perdu connaissance pendant plus d’une demi-heure. Rose Bertin, toutefois célèbre pour ses colères se défendit de cette accusation. Elle était alors la marchande de mode de la reine et Charlotte Picot ne lui était pas inconnue. C’était en effet son ancienne première ouvrière qui avait quitté sa boutique pour s’installer à son compte et séduisait une partie de sa clientèle. Un affrontement commercial qui se transforma en bataille de chiffonniers au coeur même du palais de Versailles. Les marchandes de mode manquent parfois d’élégance…



