Une petite tradition familiale voulait que lorsqu’un membre de la famille était cité dans le Monde, on se réjouisse de cette publication en disant « untel a les honneurs du monde ». L’article « La mode crée son univers culturel » paru le 6 février 2008 a permis à Diktats de renouer avec cette habitude familiale. C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que nous avons lu les lignes suivantes «  Rien à voir avec ces lieux plus confidentiels que sont par exemple la librairie du musée de la mode et du textile, à Paris ou Diktats, caverne d’Ali Baba pour livres rares et précieux ». Un article qui a permis à de nombreux curieux de venir découvrir quelques-uns de nos trésors exposés sur notre site internet.

Posted by antoine, filed under Non classé. Date: février 12, 2008, 10:39 | No Comments »


10h30, avenue Montaigne, l’aboyeuse annonce le 1er modèle, le défilé commence. Les mannequins traversent le 1er et deuxième salon puis terminent devant le grand escalier. Cette première collection de Christian Dior compte 170 modèles et décline 2 thèmes : “Huit” et le fameux “Corolle”. Le premier défilé le matin est stratégique : il est réservé à la presse exclusivement. Il y a ensuite un défilé pour les acheteurs non privés et les fabricants américains l’après-midi. Le lendemain est consacré aux acheteurs européens. Le service de presse est sur les dents: il faut caser près de 200 invités, certains sont même assis dans les escaliers.
Monsieur Dior n’assiste pas aux défilés dans le salon, il s’est réfugié dans la cabine des mannequins où Madame Zehnacker lui rapporte les réactions des invités.
Carmel Snow, rédactrice légendaire du Harper’s Bazaar a pris place sur la fameuse banquette d’honneur avec 2 de ses collaborateurs. Son avis fait autorité même si on murumure qu’elle somnolle pendant les défilés. Très vite les réactions sont bonnes, Christian Dior ne veut pas y croire et se bouche les oreilles pour ne pas entendre les applaudissements de plus en plus reguliers. Carmel Snow reste impassible, semble même ailleurs.
15h00, à la surprise générale Carmel Snow revient chez Dior. Elle demande à revoir une dizaine de robes qu’elle décrit avec une grande précision. Aprés les avoir minitieusement observées elle retourne à l’hôtel San Regis, elle appelle Christian Dior et lance son célèbre “your dresses have such a new look, my dear Christian, it is a revolution !”
La formule fait date. Certains acheteurs américains qui etaient déjà repartis après avoir lu ces commentaires reprennent l’avion pour Paris pour (re)voir la collection. le succès est tel que des défilés seront organisés pendant plusieurs mois pour la clientèle privée.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 10, 2008, 10:47 | No Comments »

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Fondée en 1907 par Maurice Leloir pour doter Paris d’un musée du costume, l’association avait reçu en 1977 un joli cadeau d’anniversaire : voir son musée s’installer dans le palais Galiera. Trente ans plus tard, c’est la société de l’histoire du costume qui gâte les amateurs de mode en leur permettant de se procurer un ouvrage de référence depuis longtemps épuisé.
Son fondateur avait en effet entrepris d’écrire une histoire du costume de l’antiquité à 1914. Maurice Leloir fait finalement paraître avec le concours de la société de l’histoire du costume, 5 volumes entre 1933 et 1949 qui couvrent la période de Louis XIII à Louis XVI. Numérotés de VIII à XII, chaque volume contient 80 pages de texte dans lesquelles l’auteur analyse le costume et illustre ses démonstrations à l’aide de coupes et de dessins. Quarante planches en couleurs reproduisant des tableaux ou des gravures de mode accompagnent l’ouvrage édité sous chemise. Bien que la technique d’impression utilisée ne rende guère hommage aux œuvres originales, ces livres sont une documentation de très grande qualité.
On ne peut donc que se réjouir que pour fêter le centenaire, le tome XI, consacré au règne de Louis XV 1725-1774 fasse l’objet d’une réédition.Pour s’offrir ce cadeau d’anniversaire, il vous faudra 180 euros et contacter la société de l’histoire du costume au Palais Galieria (10, Avenue Pierre Ier de Serbie, 75116 Paris).

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 8, 2008, 4:56 | No Comments »

La Révolution Française a donné lieu à des phénomènes de mode quelque peu excessifs mais particulièrement intéressants. Les Incroyables et Merveilleuses sont les plus connus mais on peut également citer cette tendance morbide qui a consisté à honorer à travers la mode la mémoire des guillotinés. Il y eut tout d’abord les fameux bals des victimes où ne pouvaient se rendre que ceux ou celles qui pouvaient prouver avoir perdu un proche sur l’échafaud. Les invités devaient saluer d’un mouvement sec de la tête à la manière des condamnés qui placent leur tête dans la guillotine. Les jeunes gens et jeunes filles se faisaient couper les cheveux ras la nuque comme l’avait institué la toilette des condamnés (coiffure à la victime). Ce fut aussi la mode des schalls rouge en souvenir du schall de Charlotte Corday lors de son exécution. Comble du bon goût cette jeunesse dorée arborait un fin ruban rouge “à la victime” autour du cou évoquant les corps décapités. Ces tendances scandalisèrent bon nombre de commentateurs, un siècle plus tard Octave Uzanne parlait encore d’une “infâme comédie” et d’une “bouffonnerie navrante”.

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Il est surtout intéressant de noter comment ces artifices en se diffusant ont perdu leur caractère éminemment idéologique. Cette planche du Journal des Dames et des Modes (1797) que nous avons récemment acquise figure une ceinture “à la victime” qui est devenu un simple accessoire de mode vidé de sa substance contre-révolutionnaire.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: février 6, 2008, 9:00 | No Comments »

La mode est largement commentée dans la blogosphère où s’expriment aussi bien des professionnels pointus que des internautes qui ont simplement un avis sur le vêtement et les dernières tendances. C’est cette dynamique que les conservateurs du Costume Institute du Metropolitan viennent de faire entrer au musée. L’idée est simple : présenter une sélection de modèles parmi les dernières acquisitions de l’institut sur les 7 dernières années et recueillir les réactions des visiteurs sur le blog de l’exposition. Chaque jour un des conservateurs présente un modèle sur le blog et invite les lecteurs à réagir. Pour Harold Koda la mode est moins intimidante pour le grand public que peut l’être l’art contemporain et suscite plus facilement des réactions de la part des visiteurs. Ce n’est clairement pas LA grande exposition du Met de cette année mais la démarche est intéressante dans l’interactivité qu’elle suscite et illustre parfaitement la vivacité de le mode comme forme artistique incarnée.

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La sélection de modèles est quant à elle très hétéroclite on y trouve aussi bien un habit anglais du 18e qu’une robe Comme des Garçons ou encore les chaussures Vivienne Westwood qui ont fait chuter Naomi lors d’un fameux défilé. Les commentaires sont eux aussi de qualité inégale mais témoignent d’une certaine spontanéité malgré la modération d’usage. Le blog sera ouvert jusqu’à la fin de l’exposition le 13 avril 2008. A noter le 30 mars un débat entre quelques bloggeurs de 1er plan : le sartorialist Scott Schuman ou la grande Diane Pernet. Pour conclure, ce commentaire d’un des lecteurs du blog : ”Oh but clothes, clothes, clothes, clothes - everyone has opinion on that, don’t they? The floodgates are open, and there’s no turning back. Cheers to a mysterious future in a further democratized art universe.”

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Musées. Date: décembre 22, 2007, 8:25 | No Comments »

09  déc
Christmas Belles


Marks&Spencer nous offre un concentré de glamour rétro pour leur campagne de noël. Le film s’inspire des grands classiques hollywoodiens, des Hommes préfèrent les blondes à Gilda. La distribution est à la hauteur, Erin O’connor, Twiggy, Noemie Lenoir, Elizabeth Jagger à la poursuite de “Him”…Antonio Banderas lui-même. C’est charmant, c’est soigné mais c’est de la pure citation. La mode comme éternel recyclage esthétique.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Non classé. Date: décembre 9, 2007, 10:57 | No Comments »

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Il a rarement été possible de voir autant de robes en une seule exposition de l’Ucad et c’est vraiment ce qui fait la réussite de cette exposition. Pour le 20eme anniversaire de sa maison, Christian Lacroix a déjà eu droit cette année à de nombreux hommages. L’exposition “Christian Lacroix, Costumier” notamment était une merveille on risquait donc l’overdose avec cette nouvelle retrospective. La bonne idée est d’avoir ouvert les réserves de l’Ucad à Christian Lacroix qui chaque vendredi a pu choisir des modèles parmi ceux qui l’ont inspiré tout au long de sa vie. Chaque création de Lacroix est donc présentée devant une portant entier de robes somptueuses qui ont marqué l’histoire de la couture. C’est toute sa culture et son amour de la haute couture qu’il partage ici. La juxtaposition de modèles des années 20 avec du Comme des Garçons fait jaillir des ressemblances surprenantes et suscite une vraie reflexion sur les questions de modernité et d’historicisme dans la mode. C’est aussi rassurant de voir une exposition consacrée à un couturier vivant qui ne résume pas à un égotrip prétentieux. Lacroix reconnait l’influence de ses précédesseurs avec beacoup d’humilité et d’affection (la vitrine Mainbocher est à ce titre très touchante) et se pose ainsi en digne héritier.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: novembre 8, 2007, 7:09 | No Comments »

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C’est une nouvelle étape dans le long processus de reconnaissance institutionnelle de la mode comme forme artistique. L’Ecole du Louvre a ouvert une chaire de l’Histoire de la mode et du costume et un enseignement sur un cycle de trois ans. La direction en a été confiée à Catherine Join-Dieterlé, conservatrice générale du patrimoine et directrice du musée Galliéra, le musée de la Mode de la ville de Paris. L’expérience avait déjà été tentée en cours du soir il y a quelques années et ce fut un réel succès.
Le jour du 1er cours la salle était comble d’un public varié. On notait certains invités prestigieux comme François Lesage, Françoise Montenay (Chanel), Jean-Jacques Picart ou encore Jean-Pierre Mocho, président de la Fédération du prêt-à-porter féminin qui finance la Chaire. Le cours d’introduction s’ouvrait sur la formule “Etes-vous à la mode?” et a dressé les grandes lignes méthodologiques du programme de l’année.

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Le cours a permis d’esquisser les problématiques autour de la définition de concept de Mode à travers deux de ses caractéristiques principales : le dimorphisme sexuel et le renouvellement incessant. Ces deux points en font un phenomene relativement récent et essentiellement occidental (théorie discutée par Jennifer Craik dans Face of fashion). Catherine Join-Dieterlé a pris les précautions méthologiques d’usage en mettant en garde contre les discours utilitaristes ou normatifs dans l’interprétation du vêtement mais l’intérêt de son approche est surtout de relier clairement la mode aux arts décoratifs. La mode comme “Réalisation d’un idéal esthétique qui illustre les valeurs de son temps”.

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Musées. Date: novembre 8, 2007, 1:09 | No Comments »

Lundi 7 mai 11h00, nous sommes en retard pour la press preview de “Poiret King of Fashion” au Metropolitan! Aprés un petit sprint le long de central park, nous voilà en train de gravir le tapis rouge qui servira pour le gala du musée le soir même. Bien-entendu nous ne sommes pas en retard du tout, rien ne commence jamais à l’heure dans la mode… Rapide coup d’oeil dans le hall : Anna Wintour est là dans un coin, Suzy Menkes signe le registre de sécurité, Hillary Alexander discute au téléphone. Bref c’est du lourd. Nous prenons le temps de parcourir l’exposition et de mitrailler autant que possible puisqu’aujourd’hui c’est permis.

Vient ensuite le temps des discours officiel. Philippe de Montebello, Directeur du Metropolitan ouvre le bal et remercie le soutien de Balenciaga. C’est au tour de Harold Koda, Conservateur en chef, d’expliquer comment il a été averti par Hamish Bowles de la vente aux enchères des robes Poiret et comment les prix ont très vite atteint des sommets (le Met a néanmoins raflé une bonne partie des pièces d’importance). Nicolas Ghesquiére enfin nous explique sa fierté à collaborer à une exposition aussi prestigieuse et rappelle l’importance de Poiret dans l’histoire de la mode.


Outre le gratin de la presse de mode, on a pu croiser de riches new yorkaises de la 5e ou de Madison avenue mais aussi d’autres journalistes un peu moins au fait de la question Poiret. Je pense notamment à ma voisine de droite qui a tendu son micro à Harold Koda pour savoir d’où venait son costume… (Armani pour ceux que ça intéresse).

Posted by Monsieur Nicolas, filed under Expositions. Date: juillet 1, 2007, 3:00 | No Comments »